Principes
Pour intégrer le Dictionnaire Biographique des Femmes Améfricaines, il est fondamental de s'engager à remettre en question les connaissances eurocentriques et à réinscrire l'histoire des femmes améfricaines dans toute sa complexité. Dans cette section, vous pourrez apprendre les principes fondamentaux, la méthodologie de travail et les règles spécifiques pour l'envoi des travaux. Tout le matériel est orienté vers le renforcement de l'engagement éthique et politique visant à rendre visibles les histoires silenciées à travers la pratique de l'escrevivência (écrivivance) et une recherche rigoureuse.
1. Remise en question des récits Les articles remettent en question les cadres eurocentrés et rejettent les explications qui réduisent l'expérience noire au « métissage », au « syncrétisme » ou à l'idée de « démocratie raciale ».
2. Féminismes de terreiros et escrevivência Les femmes améfricaines sont les protagonistes de la résistance depuis la période coloniale. Dans ces espaces — entre maisons, quilombos et religions matricielles africaines — les femmes ont créé des stratégies de survie et d'émancipation face au racisme, au patriarcat et à l'épistémicide.
3. Reconnaissance légale et politique L'écriture des notices s'ancre dans des cadres historiques de lutte qui transcendent les frontières brésiliennes, se connectant à un mouvement continental de réparation symbolique et cognitive. Dans le contexte des Amériques et des Caraïbes, cette base s'élargit avec des législations analogues telles que la Loi 70 de 1993 (Colombie), la Loi organique sur l'éducation interculturelle (Équateur), la Loi 19.122 (Uruguay) et la reconnaissance constitutionnelle des Afromexicains (2019).
4. Matrice communautaire et ancestrale Les articles se fondent sur des cosmoperceptions qui reconnaissent la matrifocalité, la matriopotence et la séniorité comme principes organisateurs.
5. Entrelacement des temporalités Écrire une notice, c'est comprendre que le passé et le présent sont étroitement liés. Par conséquent, les articles apportent un regard transgénérationnel, où chaque concept se connecte aux pratiques culturelles, politiques et spirituelles d'hier et de maintenant

Des Afrodiasporiques aux Améfricaines

La construction de notre Dictionnaire est un organisme vivant qui évolue à mesure que nous approfondissons notre regard sur qui nous sommes et sur les femmes que nous souhaitons biographier. Initialement conçu sous le prisme de la « diaspora », le projet assume désormais, avec fierté, l'identité Améfricaine.
Mais, qu'est-ce que cela signifie et pourquoi ce changement est-il fondamental ?
Les limites du terme « Afrodiasporiques » Pendant longtemps, nous avons utilisé des termes comme « afro-brésilien » ou « afrodiasporique ». Bien qu'ils soient importants, l'intellectuelle Lélia Gonzalez nous a avertis que ces terminologies portent souvent une vision importée, notamment du contexte nord-américain (« Afro-American »). En nous définissant uniquement par la diaspora, nous courons le risque de nous percevoir seulement comme des « Africaines hors d'Afrique », ignorant l'immense et originale construction culturelle que nous avons réalisée ici, sur ce sol. De plus, les terminologies génériques tendent à occulter les spécificités de notre lutte en Amérique Latine, marquée par un racisme qui opère par la « dénégation » — qui prétend ne pas être raciste tout en nous invisibilisant.
Qu'est-ce que l'Améfricanité ? Pour rompre avec cette vision et nommer notre propre expérience, Lélia Gonzalez a forgé le concept d'Améfricanité. Ce n'est pas un simple jeu de mots. C'est une catégorie politico-culturelle qui reconnaît une réalité historique unique :
L'Amérique Ladine : Elle reconnaît que notre identité a été forgée non seulement par l'héritage africain, mais aussi par la résistance des peuples originaires (autochtones). Nous sommes le fruit de cette rencontre, souvent violente, mais qui a généré de nouvelles formes d'existence.
Résistance Créative : Être Améfricaine signifie comprendre que nous n'avons pas seulement « survécu » à l'esclavage ; nous avons réinventé le monde. Nous avons créé le « Pretuguês » (en africanisant la langue du colonisateur), ainsi que de nouvelles technologies sociales (les quilombos) et de nouvelles formes de savoir.
Regarder vers l'intérieur : Alors que le terme « afro-américain » regarde souvent vers le Nord global, l'Améfricanité nous fait regarder nos voisins d'Amérique du Sud, Centrale et des Caraïbes, en percevant que nous partageons la même lutte contre l'oubli et la hiérarchisation raciale.
Pourquoi « Dictionnaire des Femmes Améfricaines » ? Changer le nom du projet est un acte de positionnement. En adoptant le terme Améfricaines, nous affirmons que les femmes biographiées dans ce projet — les sages-femmes, les leaders de terreiro, les militantes, les éducatrices — sont les protagonistes d'une civilisation propre. Elles ne sont pas l'« autre » de l'histoire officielle ; elles sont le centre d'une histoire de résistance qui unit savoirs noirs et autochtones.
Recursos sobre Lélia Gonzalez (Referencias Multilingües):
En Inglés:
En Español:
En Francés:

Méthodologie de la fabulation historiographique critique
Méthodologie et Écriture Biographique
Le Dictionnaire Biographique des Femmes Améfricaines naît comme un espace de mémoire et de résistance. Pour l'élaboration des notices, nous ne nous limitons pas à répéter ce que disent les archives officielles : souvent, ces archives sont marquées par des silences, des distorsions et des absences. C'est ici qu'intervient la fabulation historiographique critique, une méthodologie qui nous permet d'interpréter le passé avec rigueur, mais aussi avec une créativité critique, en récupérant les sens effacés par l'histoire officielle.
Inspirée par des penseuses telles que Saidiya Hartman et Tavia Nyong'o, la fabulation historiographique critique n'est pas de la fiction, mais elle n'est pas non plus une simple chronologie de faits. Elle part de traces, d'indices et de fragments pour reconstruire des voix, des pratiques culturelles, des affects et des résistances qui ont été invisibilisés. Contrairement à la fabulation fictionnelle, son engagement porte sur la vérité historique et l'éthique de la représentation, comblant les vides laissés par les documents.
Cette approche s'articule avec :
Escrevivência (Conceição Evaristo) : une écriture de soi et du collectif, où narrer signifie résister, dénoncer et affirmer notre existence.
Histoire Orale : entretiens, témoignages et récits qui placent les femmes noires elles-mêmes comme protagonistes de leurs récits.
Oralittérature (Oralitura) : la tradition orale dans toute sa puissance culturelle, transmise par les chants, les griots, les prières, les mythes, les célébrations et les expériences communautaires.
Sources primaires et secondaires : documents publics, journaux, lettres, entretiens, archives institutionnelles, ouvrages académiques et les fonds vivants de la mémoire communautaire.
Techniques de collecte de données
Les auteurs et auteures pourront utiliser différents parcours de recherche, tels que :
Archives publiques et fonds communautaires (registres civils, vieux journaux, musées, confréries religieuses, associations culturelles et quilombolas).
Entretiens avec la famille, les voisins, les membres de la communauté spirituelle (filhos de santo), les membres de la communauté locale.
Publications sur des blogs, journaux communautaires et réseaux sociaux.
Documents et registres des mouvements sociaux et des organisations de femmes noires.
Récits oraux et mémoires de griots et de leaders communautaires.
Chaque notice devra inclure un bref récit méthodologique, expliquant comment les données ont été recherchées, quelles stratégies ont été utilisées pour confirmer les informations et comment les documents et témoignages ont été articulés.
Notre engagement porte sur la mémoire, mais aussi sur le soin éthique. Pour tout entretien, la signature du Formulaire de Consentement Libre et Éclairé (FCLE) est obligatoire, garantissant la confidentialité, la dignité et le droit de se rétracter à tout moment.
L'Écriture Biographique
Écrire une notice n'est pas seulement organiser des données : c'est assumer l'engagement éthique et politique de rendre visibles des histoires que l'historiographie officielle a souvent silenciées. C'est aussi comprendre que chaque trajectoire individuelle porte les échos collectifs de la diaspora africaine, de la lutte contre le racisme, de la confrontation aux inégalités de genre et de l'invention quotidienne de stratégies de résistance.
Ici, l'écriture s'inspire d'auteures comme Angela Davis, dont l'autobiographie montre comment vie personnelle et lutte collective s'entrelacent. La notice ne suit donc pas seulement un ordre chronologique linéaire : elle peut être structurée autour d'axes thématiques révélant les moments de résistance, d'apprentissage, de douleur et de création.
La biographie des femmes noires est toujours un exercice d'escrevivência : une écriture de soi et du collectif, où les mémoires individuelles deviennent dénonciation, affirmation, résistance et héritage. C'est pourquoi la proposition est de réunir des récits insurgés : une forme d'écriture qui respecte les normes, mais qui interroge aussi les limites de l'histoire officielle.
La notice finale devra refléter :
La trajectoire singulière de la personne biographiée ;
Les contextes culturels, historiques et politiques qui traversent sa vie ;
La méthodologie utilisée pour accéder à ces mémoires et les interpréter ;
La dimension collective qui émerge de son histoire.
Rappel : Écrire une notice, c'est ériger un monument de mots. C'est construire un pont entre le passé et le futur, entre l'ancestralité et la lutte contemporaine.
Matériel d'appui et ressources
Guide pratique sur la structure narrative (Introduction, développement, conclusion): [Français].
Modèle (Template) d'écriture avec règles de formatage: Français:
Envoi de la notice (Uniquement pour les personnes inscrites) : [Formulaire d'envoi international].
Lectures et ressources recommandées

